Macrotwitting
Demain.

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Ma mère est morte ce matin

C’est ce que disent les médecins.

C’est étrange, si froid de l’écrire.

Et si impudique à dire.

 

Une femme est morte ce matin,

Un tas de chair, maigre et éteint,

Une malade au corps usé.

 

Entre deux larmes, entre deux cris,

Entre absences, couches et vomi,

Qui est cette femme épuisée ?

 

Laisse-moi rire… ma mère tu dis ?

Ma mère n’est pas dans ces draps !

Ma mère aurait refusé ça.

 

Ma mère est morte ce matin.

C’est ce qu’on me dira, demain.

Aurais-je l’indécence d’aller bien ?

Parce que cet être qui part n’est rien.

 

Voile, ah.

T’es là, le cul entre deux chaises.

D’un côté, ton envie viscérale de défendre la liberté, l’égalité, le droit, les droits des femmes, le droit d’être tête nue et seins à l’air, d’être cultivées, d’être connes, d’être militantes, d’être fatiguées, d’être ce qu’elles veulent et comme elles veulent, tout, pour autant que ce qu’elles font, ce qu’elles peuvent faire, ce qu’elles sont, ne soit pas juste déduit de leur condition de femmes en somme.

De l’autre, ton envie farouche de combattre l’intolérance, le rejet de l’autre, la défiance, les préjugés, l’exclusion, la stigmatisation, de revendiquer le droit de chacun d’être ce qu’il est, ce qu’il a envie d’être, libre, les pieds dans ses racines, la tête dans sa spiritualité ou sa laïcité, de choisir son mode de vie, d’assumer sa culture, son héritage, de croire en ce qu’il veut, de le montrer, de le vivre à sa manière.

Posément on se dit que le premier aspect n’est qu’une composante du second, une déclinaison, appliquée à une moitié de population. On ne parle que de liberté, d’égalité, et de respect de l’Autre, quoi de plus universel.

Et puis on te dit que non, qu’il faudrait choisir, ou plus exactement faire taire tes velléités à défendre la première. Parce que ton « féminisme » (si, si, le premier paragraphe, il semblerait que ce soit aujourd’hui identifié comme tel, sic) peut rapidement être taxé de « racisme ».

Il faut que je t’explique. Tu veux condamner ouvertement les violences faites aux femmes, de la simple (!) privation de liberté à l’atteinte physique et la cruauté, en passant par la banale rupture d’égalité, point. Qu’elles soient assises sur des dingueries religieuses ou coutumières, souvent revendiquées au nom de Dieu ou de ses apôtres et autres prophètes, représentants auto-proclamés, ou « justifiées » par un contexte historico-géographique, ne les rend pas pour autant tolérables à tes yeux. Il se trouveque les illuminés qui défendent ces pratiques et dont tu rejettes l’idéologie de discrimination sont souvent étrangers ou immigrés. C’est un fait. Ça ne change rien à l’affaire. J’ai dit souvent, pas uniquement. Et bien entendu, l’un n’empêche pas l’autre, ça ne te prive pas non plus de la condamnation sans appel des injustices dont ils sont eux aussi victimes pour d’autres raisons. Tu vois, c’est simple, ce n’est pas une question de couleur, de nationalité ou de religion, c’est une question d’égalité.

S’il y a conflit, il faut le résoudre en priorisant les combats, en privilégiant les libertés. Ce n’est pas nouveau, les droits et les libertés individuelles et collectives coexistent, se chevauchent et peuvent se contredire, bref, c’est une question d’équilibre comme disait Francis, je ne vais pas te faire la leçon.

Pourtant il semblerait de nos jours plus « légitime » de s’insurger contre le piétinement de l’une que de l’autre, ou dis autrement, plus politiquement correct d’accepter tièdement et en silence ce renoncement aux valeurs les plus élémentaires concernant les femmes, parce le mettre en cause signifierait prôner la haine.

Puisqu’on va me reprocher mes raccourcis, je vais en assumer un. Ce billet qui me démangeait depuis les Jeux Olympiques de Londres je crois, me titillait au gré des actualités récentes, je l’ai finalement bouclé aujourd’hui en attendant la décision de la Cour de Cassation dans l’affaire de la crèche Baby-Loup. [la CA de Versailles en 2011 avait donné raison à l’association, le licenciement d’une salarié pour port du voile islamique étant fondé; la Cour a considéré que le motif était discriminatoire, et donc le licenciement nul, le principe de laïcité instauré par l’article 1er de la Constitution n’étant pas applicable dans le secteur privé et le règlement intérieur instaurant lui une restriction générale et imprécise, insusceptible de justifier la restriction à la liberté religieuse, a cassé l’arrêt et renvoyé devant la CA de Paris; affaire à suivre…]. 

Toi le bien-pensant, monte sur tes grands chevaux, fâche toi tout rouge et dis-moi que je ne comprends rien à rien mais je suis contre le voile au JO, dans les crèches, dans les services publics, contre le voile tout court en fait, quel que soit son nom, sa motivation, sa longueur, sa couleur. Et ne commence pas à m’expliquer que là-ça-va-parce-qu-il-ne-couvre-que-ça, ou là-c-est-un-espace-privé. Je suis contre, par principe, parce que la femme n’est pas l’égale de l’homme si on la contraint à se cacher en tout ou partie et que ça me heurte en tant que femme, et plus précisément en tant qu’être humain, l’indignation n’étant, elle, pas communautaire.

Je t’entends déjà « Quelle contrainte ? C’est elle qui le veut ». Elle est dans l’exercice le plus absolue de sa liberté. Bien sûr, suis-je bête… Je ne tiendrais donc pas compte du choix assumé de la femme, sa volonté à elle de se mettre à l’abri des regards des hommes, de sa liberté pleine et entière de respecter les préceptes de sa religion, grâce au tissu salutaire? Tu me fais doucement rire. La « contrainte » a bien d’autres visages que la force. Evidemment qu’elle se sent mieux lorsqu’elle fait comme ses pairs, quand elle suit les principes éducatifs qu’elle a reçu, quand elle est en phase avec ce qui lui a été inculqué depuis toujours, quand elle n’est pas rejetée et regardée comme la dernière des traînées, quand elle se rend respectable, quand elle fait ce qui est bien et que donc elle « choisit » d’assumer son environnement. Tout le monde en fait autant. On s’adapte. Tout le temps. On épouse les diktats de notre société, pour y vivre, le plus en paix possible. 

Faut-il rappeler que si la femme doit se couvrir, c’est qu’il est considéré que la vue (de ses cheveux, de son corps…) génère de la tentation de la part des hommes et suscite leur désir à son égard, poussant vers des turpitudes et désordres de la société ? Ma chère amie, les hommes étant donc complètement incapables de retenir leurs bas instincts (vision pour le moins charmante de la société), il t’appartient de les en préserver en te dissimulant, sinon, pauvresse, tu serais responsable des conséquences, celles qui te concernent mais disons-le carrément, de tous les maux de la Terre. Tu n’es, souviens-t-en, qu’une croqueuse de pomme démoniaque.

Ma foi.

S’accrocher à un dogme, une coutume ou un écrit millénaire pour expliquer -selon une interprétation masculine plus que partiale- aux autres comment ils doivent vivre et pour assurer son emprise sur le sexe opposé est une chose, moi je te parle d’êtres humains, hommes et femmes, vivant dans le monde d’aujourd’hui, se débarrassant de ses archaïsmes, qui doit garantir les mêmes droits et les mêmes chances, strictement.

Je t’entends déjà me reprocher de relancer cette vieille polémique aux relents rapidement nauséabonds. Entre nous ce serait plus (trop ?) facile de ne parler que des choses que la gravité rend consensuelles  (l’excision, la lapidation, le mariage forcé, les violences conjugales autorisées, le viol légitimé ?). Oui, le port du voile est un acte qui peut sembler des plus minimes, anodins. Mais où est la limite ? Maintenant que tu es voilée, et donc acceptable socialement, as-tu le droit de t’habiller comme tu le souhaites, d’étudier, de travailler, de voyager, de conduire, de voter, d’aimer, de quitter, de jouir, de choisir si et quand tu as des enfants, de te marier ou non, de vivre seule, de boire, de fumer, de parler de tout avec qui bon te semble, de t’exprimer, de revendiquer, d’aller en justice, de gagner ta vie, de t’assumer, de sortir quand tu veux, où tu veux, avec qui tu veux, …?  Si à une seule de ces questions tu réponds non, oui, j’ai un vrai problème avec la société que tu prônes.

Je devrais au nom de ma tolérance accepter que la femme soit traitée en sous- être humain, qui se contente des miettes de droits et de libertés donnés en aumône ? Parce que quoi ? Parce que « c’est comme ça », parce que Dieu le veut, parce que c’est culturel, parce qu’il y a d’autres sujets plus importants à traiter… ? Je ne peux pas.

Je devrais au nom de ma tolérance taire ces critiques parce qu’elles encourageraient l’exclusion et que “c’est toujours les mêmes que l’on montre du doigt” ? D’abord, je ne suis pas « on », et je n’y peux rien si les sociétés n’ont pas toutes évolué dans le même temps, avec le même contexte, dans le même sens, sur le même rythme ou avec les mêmes effets. On ne peut pas dire que les polygames mormons aient mieux tournés… Ensuite, si je suis sûre de mes réponses à ces questions, je ne suis, c’est vrai, pas à l’aise avec les interprétations possibles et les appropriations douteuses et j’ai pu en juger en écrivant ces mots que je me suis vue peser. Faut-il pour autant ne pas condamner ? On en revient à ce qui s’impose comme un dilemme, entre deux combats ou entre deux renoncements. Je veux garder le droit de défendre à voix haute des principes que je considère comme vitaux, sans alimenter un côté obscur que je dénonce tout autant.

Voil…ah. Tu comprends mieux maintenant, “le cul entre deux chaises”. 

@imnotalone.

Ma Saint Valentin 2.0, comme d’habitude.

J’me connecte et je te follow
Tu n’ follow back pas
Comme d’habitude
Sur toi, j’remonte la TimeLine
Peur d’un #DMfail
Comme d’habitude
Ma main caresse mon clavier
Presque malgré moi
Comme d’habitude
Mais toi
Tu n’ me reply pas
Comme d’habitude

Et puis je retweetes très vite
Je sors de Seesmic
Comme d’habitude
Toute seule je m’en vais bloguer
Je post en retard
Comme d’habitude
Sans bruit je quitte le virtuel
Tout est gr’IRL
Comme d’habitude
J’ like pas
Je relève mes mails
Comme d’habitude

Comme d’habitude
Toute la journée
Je vais tweeter
Lire les TT
Comme d’habitude
Je vais hashtager
Comme d’habitude
Je vais même loller
Comme d’habitude
Enfin je vais suivre
Comme d’habitude

Et puis
Le jour s’en ira
Moi je livetwitterai
Comme d’habitude
Toi
Tu seras sorti
Je t’ai foursquarisé
Comme d’habitude
Toute seule
Je compte mes abonnés
Dans ce réseau froid
Comme d’habitude
Mes followfriday
Je les attendrai
Comme d’habitude

Comme d’habitude
Même la nuit
Je vais troller
Et faire l’influent
Comme d’habitude
Tu twitpickeras
Comme d’habitude
Je te stalkerai
Comme d’habitude
Tu me bloqueras
Comme d’habitude

Comme d’habitude
Tu f’ras une twitcam
Comme d’habitude
Tu traîneras sur 4chan
Comme d’habitude
On se pokera
Comme d’habitude

Comme d’habitude,
On fera semblant
Comme d’habitude,
On gtalkera
Comme d’habitude,
Ce sera #NSFW
Comme d’habituuuuuude. 

@imnotalone

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Crédit photo: Galerie Flickr par K.F.D.Z - Licence CC

Entre mes mains.

Après 

 

 

Qu’est ce que tu veux ? Qu’est ce que tu veux m’entendre dire ?

 

Que j’imagine mes mains sous ta robe, sur tes seins,

Que ton parfum m’obsède et que tes yeux m’abîment,

Que tes ongles ont laissé sur ma peau un venin,

Que je rêve de ton corps et que mes doigts dépriment,

 

Que chacune des minutes dans tes bras m’a blessé,

Que la porte fermée, je me suis écroulé,

Que je cherche nos nuits dans les filles que je baise,

Que je ne n’aimerai plus que le goût de tes lèvres, 

 

Que je sais t’éviter pour ne pas me noyer,  

Que je n’assume pas ta vie où je n’ai pas de place,

Que je préfère oublier plutôt que d’en crever,

Que je dois t’ignorer, toi, tes envies, tes traces.

 

C’est ce que tu veux croire ? C’est ça ta vérité ?

Que je suis ta victime ? Que je suis condamné?

Mais réfléchis ma belle, tes rêves sont viciés,

Combien de temps chérir un homme à piétiner ?

 

Jamais je ne tomberai dans ton piège pauvre amour,

A tes désirs troubles, je suis aveugle et sourd.

Je ne donnerai rien. Tu as joué. J’ai gagné.

Maintenant retourne toi, laisse-moi rire. Ou pleurer,

 

 

Entre mes mains.

 

 

@imnotalone

 

 

Georgia killed Troy Davis

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Here is the email received yesterday from Amnesty International I wanted to share.
Here is my pain. Here is my struggle.
We are all Troy Davis.

Dear xxx,

I’ve been down here at death row, and we just heard the horrific news.

After a torturous delay of more than 4 hours, the state of Georgia has just killed Troy Anthony Davis.

My heart is heavy. I am sad and angry. The state of Georgia has proven what we already know. Governments cannot be trusted with the awful power over life and death.

Today, Georgia didn’t just kill Troy Davis, they killed the faith and confidence that many Georgians, Americans and Troy Davis supporters worldwide used to have in our criminal justice system. 

Wende, on our Abolish the Death Penalty Campaign team, met with Troy Davis yesterday to convey the support that he has had from all of you. He asked us to deliver this message back to you:

"The struggle for justice doesn’t end with me. This struggle is for all the Troy Davises who came before me and all the ones who will come after me. I’m in good spirits and I’m prayerful and at peace."

Let’s take a moment to honor the life of Troy Davis and Mark MacPhail. Then, let’s take all of our difficult feelings and re-double our commitment to abolition of the death penalty.

Please pledge to continue this fight because it is far from over.

This Friday at 7 pm EST, please join us for a special call to discuss Troy Davis’ case, what your work means for the death penalty abolition movement as a whole and what we can do next.

I am Troy Davis. You are Troy Davis. We will not stop fighting for justice.

Thank you for everything you have done to make your voice heard.

In Solidarity, 
Laura Moye
Director, Death Penalty Abolition Campaign
Amnesty International USA 

 

And you know, reading these words again, just wanna listen to this song, again:

Pink Floyd - Hey you

Hey you ! out there in the cold
Getting lonely, getting old, can you feel me
Hey you ! Standing in the aisles
With itchy feet and fading smiles, can you feel me
Hey you ! don’t help them to bury the light
Don’t give in without a fight.
Hey you ! out there on your own
sitting naked by the phone would you touch me
Hey you ! with your ear against the wall
Waiting for someone to call out would you touch me
Hey you ! would you help me to carry the stone
Open your heart, I’m coming home
But it was only a fantasy
The wall was too high as you can see
No matter how he tried he could not break free
And the worms ate into his brain.
Hey you ! out there on the road
Doing what you’re told, can you help me
Hey you ! out there beyond the wall
Breaking bottles in the hall, can you help me
Hey you ! don’t tell me there’s no hope at all
Together we stand, divided we fall.

@imnotalone

De la conséquence IRL de nos comportements IVL, ou le Grenelle(*) du mot doux.

Je ne suis pas douce. Au sens sucrée, mielleuse, collante, poisseuse.
Dans la vie réelle je veux dire. Plutôt avare de petit mots tout en bisounourserie.
Les « mon chéri », ça me fait penser à des chocolats, et « mon cœur », c’est juste la pompe entre mes côtes. Anais like tu vois. Mais moi je n’ai rien contre les couples en général, et libre à ceux qui veulent de se sussurrer des niaiseries mièvreries mots adorables.
Je ne vais pas dire ça ne m’est jamais arrivé (on n’est pas à l’abri), ni que j’ai toujours détesté quand on me l’a dit, mais je crois que je décourage sans le vouloir ce genre de choses.
Bref, je ne suis pas ce genre de fille.
Mais ce n’est pas le sujet.

 

Dans mes relations IVL (certaines) au contraire, j’aime ces mots d’affection.
Sans doute ma manière à l’écrit d’exprimer ce sourire que je t’aurais adressé, ce regard que je t’aurais glissé, ou ce geste -très approprié-, si tu avais été en face de moi. Sans doute pour créer l’intimité que le clavier peine parfois à traduire.
Montrer que je tiens à toi, que je ne connais pas vraiment mais qui fais partie de ma vie, ou juste parfois adoucir une critique.
Ça peut être charmeur, ironique, amical ou provocateur, en tout cas c’est naturel. Comme l’est mon plaisir de les lire.
Bref, je suis ce genre de fille.
Mais ce n’est pas le sujet.

 

J’étais l’autre jour en train de marcher ET de lire ma timeline Twitter sur mon téléphone ET j’allais répondre en moins de 140 caractères dont 5 occupés par le « chéri » qui va bien. Le téléphone (celui sur lesquels mes doigts s’activaient) sonne (le bougre). Mon boss. Ledit téléphone étant un « outil professionnel », jusque là tout va bien. Il me parle de truc de boulot (normal hein), enchaine sur une joke (toujours normal) et me dit « bye, bonne aprem » (rien à dire).

Ce à quoi je réponds : « bye darling ».

DARLING.

 

Voilà, c’est le sujet.

 

Depuis je me suis coupée de toute vie sociale, je n’ai plus remis un pied au bureau, je vis cloitrée sous ma couette, mes chats dépérissent. J’envisage le couvent, ou la province.

J’autruchise. J’attends le Grenelle.

@imnotalone

(*) Comme tu me connais, tu sais que je suis en train de me frotter sur un mur en crépis.

 

Entre tes mains.

 

 

Je mets

Des robes courtes et légères pour que tu les soulèves,

Du parfum dans les creux pour troubler tes souvenirs,

Des décolletés sans fond pour que tes yeux les rêvent,

Du rouge sur mes lèvres pour que tu les désires,

Du fard sur mes paupières pour tromper ton regard,

Du vernis sur mes ongles pour que tu faiblisses,

Des hauts talons aiguilles pour fendre ton brouillard, 

Des crèmes sur ma peau pour que tu la salisses.

 

Je mets mes armes à tes pieds, mon offrande souillée.

Je mets mes envies dans ton lit, mes failles, ma vie.

Tu m’ignores, tu m’évites, m’abîmes sans remord.

Et moi, si sûre, vacille, chancelle, et tombe, du mur.

 

Entre tes mains.

 

@imnotalone

Amis pour la vie.

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Je ne me souviens pas de mes copains de quand j’étais petite, tu vois, genre primaire ou collège/lycée, ni même de mes BFF ou de mes amoureux.

J’ai beau me concentrer et rassembler tous les neurones (oui, les 2), au mieux je retrouve un prénom qui raisonne comme vaguement familier, parfois un nom/prénom, mais là faut que ce soit quelqu’un avec qui j’ai couché. [Non j’déconne, vas pas te faire des idées lubriques sur un passé de dépravée précoce]. Bon, disons, que ça m’arrive de me rappeler d’une fille ou d’un gars un peu mieux, sûrement parce qu’on a passé PLUSIEURS années à se voir TOUS les jours.

Bref, voilà, c’est un constat. Ces gens qui ont pourtant marqué mon enfance, avec qui j’ai joué, ri et pleuré, que j’ai aimés ou détestés, je les ai oubliés.

Sur certaines photos de classe je maudis la gosse que j’étais qui n’a pas trouvé le temps de prendre 5 minutes de son précieux temps -trop occupée qu’elle était à aller s’acheter un jean neige pour faire une choré sur du Julie Pietri et en parler des heures avec LE téléphone de la maison et ses parents qui râlaient pour la facture-  pour noter tous les noms dans les petits ronds représentants les têtes souriantes et niaises de ses congénères qui ont l’air tout droit sortis d’une série allemande (oui d’ailleurs pourquoi les fringues et les couleurs après quelques années, et quelques passages de modes, ont l’air d’être allemands ? un gène national du has been?).

Parce que parfois, les cases remplies, ça aiderait bien. Mais non, rien de rien, pas un nom, juste des ronds tout vides, qui semblent se moquer de moi aujourd’hui.

Oh oui, vous allez me dire (le toi là bas surtout qui se reconnaitra) que c’est juste moi qui suis Alzheimer avant l’âge (car, non, je n’ai PAS l’âge de ma sénilité, encore), et que vous, vous savez (de toutes façons, c’est normal, vous êtes DANS l’INTERNET, donc VOUS SAVEZ).

Je suis sûre que certains se souviennent même du nom du vieux prof d’histoire qui laissait tout le monde pomper pendant les DS, et de celui de l’instit psycho-rigide qui demandait qu’on attende qu’elle ait tapé dans ses mains avant de s’assoir à sa place, et de la super prof de maths qui vous a décidé d’en faire plein, du coup, des maths.

Oui, il y en a des comme vous. Mais il y en a des comme moi aussi. Si si, je t’assure, lecteur de la 1ère catégorie et je te rassure, lecteur de la 2ème.

Donc voilà, imagine-toi à 12 ans, avec ta meilleure-amie-pour-la-vie-que-jamais-on-se-sépararera-comme-une-chanson-de-Lalane, celle avec qui tu as fait un pacte de sang en te piquant le bout du doigt avec une aiguille. Là, ta copine, elle déménage, BIM, juste avant de rentrer en 4ème. Tu es larmes et déchirement, mais c’est pas grave, parce qu’on va s’écrire, oui, tous les jours, et de toutes façons quand on sera grande on habitera dans le même immeuble. Sauf que voilà, l’été arrive, t’envoies quelques cartes postales de tes vacances avec des ‘tu me manques’ ‘c’est trop nul’ (ah, non, c’est vrai, on ne disait pas trop dans toutes les phrases à l’époque) et des petits cœurs partout, et puis la rentrée, et puis, et puis, c’est pas super simple d’écrire si souvent, il faut prendre un stylo et trouver un timbre, et puis et puis, en fait, Sophie qui était en 5eme 2 et ben, elle est vraiment sympa, ouais même que ses parents ils ont un Betamax.

Donc voilà, tu te retrouves avec 2 BFF dont une à l’avantage énorme d’être sur place et puis l’autre, l’inconvénient de pas l’être (ah la la, ce sens de la logique implacable, je dois tout à ma prof de maths de 3eme, tout). Et au final, celle qui n’est pas là perd, parce que c’est plus facile comme ça. Et hop, tu la perds de vue. Et puis toi aussi tu déménages un jour, et dans le bazar, tu égares son adresse. Fin de l’histoire.

Quelques années plus tard, à ton bureau, un instant d’ennui, tu te demandes ce qu’elle est devenue. Tu la googleise. Mais elle a des homonymes. Du coup, tu ne sais pas. Le téléphone sonne, ton boss, le dossier machin, urgent toussa (ben oui t’es au bureau j’ai dit), et tu passes à autre chose.

Tout ceci est bien entendu transposable à la recherche des ex, activité de stalking nuisant gravement à la productivité. (Et ne fais pas comme si tu ne l’avais jamais, tu n’es pas crédible)

Voilà, tout ça, c’était avant.

Parce qu’aujourd’hui, dès ta plus tendre enfance, tu es sur Facebook. Et tes potes (et toute une population de kikoolol qui like comme toi des fan pages trop super, joue à des jeux trop chouettes et répond à des tests trop géniaux) sont tous connectés et reliés.

Alors tes copains ils ne disparaissent pas quand tu changes de bahut, tu les as avec toi chevillés à ton réseau, que tu le veuilles ou non. Les Manon, les Zoé, les Kevin et les Arthur, tu sauras quand ils rencontrent l’âme soeur et quand ‘it’s complicated’. Tu ne manqueras aucun statut captivant sur la météo du jour, ni aucun anniversaire que tu fêteras, docilement. Tu verras les échographies de leurs gosses et leurs photos de vacances. Tu réaliseras qu’ils écoutent de la musique que tu n’aimes pas, et postent des liens sécuritaires. Tu connaitras le nom de leurs chats et de leurs boss.

Allez, avoue, ça te fait rêver.

Mon petit, pour répondre à la question, non, de guerre lasse tu ne fermeras pas ton compte, même si parfois tu en auras envie, parce que sans IVL, sans ce lien, tu n’es rien, non, tu n’unfriendras pas non plus, parce que ça se fait pas.
Tu assumeras ces amitiés datées, envers et contre tout. C’est vrai gamin, il reste une chance pour que Facebook meure avant toi, mais l’hyperconnexion, n’y compte pas.
Pas pour rien que le net s’appelle la toile, et ce n’est pas toi l’araignée.

 

Et le droit à l’oubli dans tout ça ?  


@imnotalone

Lettre ouverte à Mme la Présidente de Santé Service.

Je vous transmets ici la Lettre que j’ai adressée à l’Association Santé Service en utilisant leur mail de contact: contact@santeservice.asso.fr .

 

 

Madame la Présidente,

 

C’est avec une grande stupeur, une infinie tristesse et une fureur tout aussi peu limitée que j’ai découvert hier soir le billet de Louis van Proosdij Duport « Santé Service : quand les protocoles ignorent l’humain, ou histoire de la dégradation des soins fondamentaux »

Ces mots je vous invite à les lire.

 

Bien entendu, ne disposant que d’une vision parcellaire de la situation qu’ils révèlent, il ne me revient pas ici de condamner votre personnel, les décisions de vos services ou votre organisation. Cependant il s’agit du témoignage, précis, factuel et sincère, de l’un des patients dont votre association Santé Service est en charge.

 

Cet état de fait ne peut -je ne puis décemment me résoudre à envisager une quelconque autre possibilité- qu’être la résultante d’une succession de maladresses administratives et de circonstances dont vous ne devez pas avoir connaissance.

 

Je ne saurais douter que vous serez vous aussi touchée par la violence du quotidien, les  difficultés de vie et la détresse dans laquelle se trouve Louis, depuis plusieurs semaines déjà, et que vous aurez à cœur de lui rendre la dignité à laquelle il a droit.
Ce droit, pour le moins légitime, est pour nous, la société, un devoir. L’intégration sociale des handicapés, bien plus qu’un enjeu politique, une ligne budgétaire, ou un sujet de conférence, est une réalité à laquelle nous nous devons d’apporter des réponses concrètes et immédiates. Les demandes de votre patient semblent bien peu de choses et nous ne pouvons, collectivement, ignorer cet appel au secours.

De par vos fonctions et votre engagement, Santé Service assurant (je cite votre site)

« à la fois une mission de soin mais aussi une mission de soutien de la personne en favorisant le maintien du malade au cœur de son environnement familial et social. » 

 je suis persuadée que vous entendrez ce cri. 

 

Aussi je vous remercie Madame la Présidente, de bien vouloir apporter la plus grande attention à cette situation et d’user de tous les moyens dont vous disposez pour y remédier sans délai.

 

Dans cette attente, je vous prie de croire en ma respectueuse considération.

 

@Imnotalone

  

PS: Je précise s’il en était besoin qu’il s’agit de mon identité numérique, que vous pouvez me contacter via les commentaires de ce blog, via mon compte twitter ou par mail en réponse à celui que j’ai adressé à vos services avec ce lien. Mes nom et prénom vous seraient communiqués si vous le souhaitiez.

Vague de twitterisation

Lundi soir, une vague de détwournement a envahi vos timelines et j’ai voulu garder une trace de cette sympathique et improvisée envolée twittique. 

Après les films colorisés, remasterisés, remakisés, avec l’ami Michel qui nous fait du neuf avec du vieux, quelques répliques cultes et autres phrases célèbres ont été twitterisées, le temps d’une soirée. 

Pour ceux qui s’en souviennent, en fait, on a juste schtroumpfé ;-)

J’ai classé les tweets par thème (politique, citations, musique, et bien sûr, cinéma). J’en ai surement oublié, de gens que je ne follow pas et qui n’ont pas été retwittés jusqu’à ma timeline. Et difficile de tous les retrouver sans hashtag unique. 

Bref, je vous livre un aperçu et si vous en vu passer d’autres, dites-le moi en commentaire, j’updaterai!

  • Potitweet

 @julienlicourt: Je vous ai RT #degaulletweet

 @MonsieurRo Les français sont des followers !! #DeGaulleTweet

 @gourgandin: twittas, twittos je vous ai compris ! #degaulletweet  

@imnotalone Vive la TimeLine libre! #DeGaulleTweet

@MonsieurRo Twitter outragé mais Twitter libéré !! #DeGaulleTweet   

@ththiam: Twitter! Twitter outragé! Twitter brisé! Twitter martyrisé! Mais Twitter libéré! #deGaulletweet  

@mguichard: Paris tweetée, Paris retweetée, Paris hashtagée, mais Paris followée #degaulletweet  

@imnotalone Vous n’avez pas le monopole du tweet! #Giscardtweet   

@MonsieurRo Tweetez vous monsieur Elkabbach #MarchaisTweet 

@dariamarx vous en êtes un autre, monsieur le premier twittos #mitterandtweet 

@MonsieurRo Un tweet c’est fait pour tweeter… #ChiracTweet  

@terminalose: Do you want me to go back to my Twitter? Bonjour ! #ChiracTweet  

@Djal4real: Do you want me to go back to my tweet ? #chiractweet 

@MonsieurRo Quand on ajoute à ça le tweet et le RT #ChiracTweet  

@bengallerey: Tweet the yes needs the no to tweet. Against the no. #raffatweet

@The_Earthquake: Je propose qu’un tweet raccompagne chaque Twittos #SegoTweet

@Blavettejulien Bah casse toi pauvr’ tweet. #sarkozytweet

@MonsieurRo Désormais, quand il y a un tweet, plus personne ne s’en aperçoit #SarkozyTweet 

@MonsieurRo On va nettoyer ça au twitter #SarkozyTweet

@Angelus_YODASON Twitter on l’aime ou on le quitte #SarkozyTweet

@Rajae_M_: Unfollow-moi pauv’con ! #SarkozyTweet

  •  FamousQwote

@MonsieurRo Le tweet est l’opium du peuple #MarxTweet  

@MonsieurRo I have a tweet #MartinLutherKingTweet 

@MonsieurRo Ne te demande pas ce que Twitter peut faire pour toi… Demande toi ce que tu peux faire pour Twitter !! #KennedyTweet   

@Blavettejulien ich bin ein twitterer !! #kennedytweet

@imnotalone Un petit tweet pour l’homme, un grand pas pour la communauté. #AmstrongTweet

 @msiou To Twitt or Not To Twitt #ShakespeareTwitt

 @Fitzcairn O rage ! O désespoir ! O twitto ennemi ! N’ai-je donc tant tant vécu de RT que pour cette infamie ? #Corneilletweet

 @Fitzcairn Aux âmes de twittos bien nées, Les followers n’attendent point le nombre des années. #Corneilletweet  

 @Fitzcairn Va twitto je ne te hais point. #Corneilletweet

  • Muwic

@imnotalone I can’t live with or without tweet. #U2Tweet

@imnotalone I’m just a tweet. #nodoubttweet

@msiou Au bal, au bal tweeté… #CompagnieCreoleTweet

@imnotalone Dans le port d’twitterland Y a des twitters qui twittent Et qui twittent et retwittent Et qui retwittent encore. #breltweet

@Blavettejulien C’est pas l’homme qui prend le tweet, c’est le tweet qui prend l’homme #Renaudtweet

  • Mowie

La catégorie ciné nous a bien (bien) occupé.

On est allé chercher dans les standard du cinéma US :

@msiou You Twitting To Me ? #TaxiDriverTwitt  

@imnotalone Pourquoi vous voulez twitter? Ba j’sais ni chanter, ni danser. #rockytweet

@msiou C’était pas mon tweet Colonel ! #RamboTweet

@msiou Arrete ou ma mère va twitter ! #stalloneTweet

@imnotalone Hasta la vista twitter! #terminatortweet

@imnotalone Ne la twitte pas, Salope ! #alientweet

@imnotalone May the tweet be with you! #starwarstweet

@Blavettejulien Luke i’m you’re follower ! #Starwarstweet

@imnotalone keep your followers close, but your following closer. #thegodfathertweet

@imnotalone What are you gonna do? Charge me with twitting? #basicinstincttweet

@imnotalone I am the tweet of the world! #titanictweet

@imnotalone Mon now est tweet, re-tweet. #jamesbondtweet

@imnotalone E.T. twitte maison. #ETtweet

@Blavettejulien Cynok twitte Choco #Gooniestweet

@MonsieurRo On laisse pas Twitter tout seul #DirtyDancingTweet

@dariamarx j’avais une ferme en Afrique, au pied des collines du Twnong #outofafricatweet 

@msiou Tweetlight #RobertPatinssonTweet

@msiou Tweetsie #DustinHoffmanTwitt

Et français :

@imnotalone Quand te retwitterais-je ? Twitter merveilleux ! Où ceux qui s’aiment, twittent à deux ! #Lesbronzésfontdutweet

@ButScanter  j’ai pas touché j’ai twitté! mais qu’elle est cooonne! #lesbronzésfontdutweet

@msiou Tweets are my reality,The only kind of reality #LaBoumTweet

@dariamarx Je suis le pape et j’attends mon #FF #lacitedelapeurtwit

@bduperrin dis lui qu’elle a les yeux qui sentent le tweet. #laveritesijetweet

Sinon on a donné dans le (grand) classique: 

@ButScanter Si Dieu ne voulait pas qu’on les tweete il n’en aurait pas fait des twittos. #7mercenairestweet

@imnotalone Et mes tweets, tu les aimes mes tweets? #Bardottweet  

@msiou T’as de beaux Tweets tu sais … #GabinTweet

@msiou ah ben , elle va tweeter beaucoup moins bien forcément ! #BourvilTweet

@msiou Moi j’ai dit Tweetarre comme c’est Tweetarre ! #louisjouvetTweet

@ButScanter  tweet for two and two for tweet #lagrandevadrouilletweet

@ButScanter  non mais tu l’as vu? il arrive il twitte et paf un bourre-pif! #Lestontonsflingueurstweet

@imnotalone Faut quand même admettre que c’est plutôt un tweet d’homme. #Lestontonsflingueurstweet

@imnotalone Les cons ça twitte tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. #Lestontonsflingueurstweet

@bduperrin follow friday to you…follow friday to you…et hop ! Un bourre pif ! #Lestontonsflingueurstweet

@bduperrin j’ai connu une polonaise qui le tweetait au petit dejeuner. Lulu la tweeteuse… #Lestontonsflingueurstweet

@imnotalone Quand les types de 130(0)(0)(0) followers disent certaines choses, ceux de 60 followers les écoutent. #audiardtweet

@Fitzcairn Garder un secret consiste à ne RT qu’à un seul twitto à la fois. #audiardtweet 

@Fitzcairn Mais qu’est ce que c’ést que cette timeline ? On ne se serait pas permis de vous RT sur le domaine ? Ben si on s’est permis. #audiardtweet  

@Fitzcairn Un twitto vient de tomber de la chambre 21, il est mort ! Du calme mon enfant, un twitto part, un autre arrive … #audiardtweet 

@Fitzcairn Y devrait y avoir des cliniques pour les obsédés du tweet. Y’en avait mais on les a fermées. #audiardtweet 

@Fitzcairn Vous savez quelle différence il y a entre un twittos et un voleur ? - Non… - Un voleur de temps en temps ça se repose. #audiardtweet 

@Fitzcairn Touche pas aux tweets salope ! #audiardtweet

@Fitzcairn Vingt ans de placard. Les followers ça se divise, les tweets ça s’additionne.. #audiardtweet 

@Fitzcairn C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des tweets. #audiardtweet 

@Fitzcairn Dis donc on est quand même pas venus twitpic les sandwiches ! #audiardtweet  

Avec de l’inspiration commune parfois :

@imnotalone Twitterer, twitterer, est-ce que j’ai une gueule de twitterer? #Arlettytweet 

@dariamarx Twittos, twittos, est ce que j’ai une gueule de twittos ? #arlettitwitt 

@msiou Tweetosphere, Tweetosphere …Est-ce que j’ai une gueule de Tweetosphere ? #ArlettyTweet    

Et je terminerai par mon coup de coeur toute catégorie:

@msiou On est pas bien là ? A la fraiche, décontractés du tweet… Et on Tweetera quand on aura envie de tweeter ! #ValseusesTweet  

 

Et vous, un chouchou ?

@imnotalone