Alors voilà. Mes twamis, j’ai nommé @zapp, @flo_courgenouil et @aede, me demandent, à ma grande surprise, et fort gentiment, d’écrire à leur coté sur le très joli blog qu’ils ont lancé il y a peu, http://telling-stories.fr/.
Forcément, le rouge aux joues estompé, la question qui m’est venue naturellement est « pourquoi ». Et les requérants de me répondre (évidemment, les tauliers, me corrigeraient -dans tous les sens du terme s’entend-, si j’osais travestir leur argumentaires) : « t’es une fille ». Si j’étais sur twitter, j’ajouterais #period.
Oui bon, j’avoue, j’ai (à peine) raccourci, mais, promis, ces 4 mots étaient tous dans les phrases entendues et l’idée, simple, a le mérite de pouvoir être ainsi résumée…, bref.
Note pour plus tard : Raccourci, simple, résumé et bref dans une même phrase… un sens caché peut-être ? Rébellion du coté gauche du cerveau contre les digressions du droit ?
Revenons à nos moutons. Enfin brebis.
Une partie de ma légitimité serait donc liée à mon sexe. Hmm hmm, intéressant.
Première chose qui me vient à l’esprit : une loi sur les quotas est-elle passée? En catimini entre les deux tours des élections régionales « une proportion de 25% de femmes rendue obligatoire dans tout type de structure ou organisation ! Mesure d’application immédiate. » Fidèles sujets de la République, mes 3 mousquetaires se seraient pliés à la règle impérative et remplissent une case.
Note pour plus tard : prévoir un régime de printemps, sinon c’est sûr, je vais déborder. De la case. Ou pas. J’aime pas les cases.
A la réflexion, je me dis que la France, bien que noyée sous les chiffres des sondages, résultats, et analyses, telle l’ilotier de Charente-Maritime, aurait tout de même réagi, fut-ce mollement, à ce type d’annonce.
J’écarte.
Note pour plus tard : penser à faire une recherche sur l’état des travaux législatifs en matière de quotas. Ça me tracasse cette histoire.
Il ne s’agit donc pas a priori de contrainte légale.
Mais morale peut-être ? Une forme de poids sociétal encourageant le mâle dominant à faire participer le sexe faible à sa ludique activité ? Seraient-ils au web ce que Juppé fut à la politique ? Tss, tss, tss, ces grands communiquant ne peuvent décemment pas avoir accepté le risque du raz de marée médiatique que ne manquerait de provoquer une nomination de façade de zappette, aedette or courgenouillette.
J’écarte.
Je reviens donc à ma problématique, et, ni une ni deux, file googleiser le sujet.
Note pour plus tard : chaque mot d’une requête a son importance. Par exemple, ne pas oublier « légitimité », « partie lien sexe » semblant assez mal ciblée au regard des résultats. Pas dénuée d’intérêt, mais inopportune.
Après des heures de travail assidu, études poussées, tableaux croisés et synthèse, j’en arrive à la conclusion que : oui. (je vous la fais courte) (#cotégauche).
Ceci étant, légitimité actée, en quoi le fait d’ajouter une plume féminine serait un tant soit peu une valeur ajoutée pour ce blog?
Ces messieurs souhaitent-ils que je raconte des #trucsdefilles, qui, si on en croit le dieu #lieuxcommuns, reviendrait à parler mode, fringues et faire des tests de maquillages.
Alors certes aujourd’hui je suis particulière (référence subtile à un truc de fille, un vrai, que les lecteurs hommes ne peuvent pas comprendre), mais ça ne me donne -j’en ai bien peur- aucune compétence en la matière.
Note pour plus tard : les ongles caca-doigt, à bien y regarder, c’est moche je crois.
Hop, vérification de la ligne édito du blog.
- Telling Stories c’est raconter à nouveau, broder, digresser. C’est s’échapper en inventant de belles histoires, trembler en romançant les drames, en bref, sublimer le quotidien.
- A l’exact opposé des récits en 140 caractères, négligeant la précision des faits, loin de l’exactitude des journaux, ce blog n’informe pas, il fait le vœu de vous emmener, non pas ailleurs, mais par un autre chemin.
- Nous – car nous sommes plusieurs narrateurs – avons l’ambition (pour la capacité, nous verrons bien plus tard…) de nous perdre autour d’un fait, d’y suggérer un préambule, d’y ajouter des décors, des dialogues, des scènes de coulisses parfois.
- Nous espérons enrichir ce que nos vies nous donnent à voir d’un imaginaire personnel, en restant au plus près du vécu.
Pas de blabla girly prévu.
J’écarte.
Reste donc l’écriture qui serait sexuée. Le 2ème chromosome X modifierait notre manière de raconter les histoires (j’ai bien faire de relire la ligne édito, je suis raccord du coup).
Mais n’est ce pas là une hypothèse trop en aval ? (à regarder au pied de la montagne on ne voit pas l’avalanche – proverbe savoyard ou d’André Manoukian, j’ai un doute). L’écriture n’est que la mise en forme du regard. La vue n’est qu’un des sens. Le sens est giratoire. Et, logiquement, je tourne en rond.

Alors j’ai dit oui.
Pour trouver une sortie.
Note pour plus tard : il faudra quand même que je pense à leur dire aux auteurs que mes amis m’appellent Robert.
Nota bene: en y repensant, je vois bien autre chose qui me distingue de mes comparses. Mais ils se sont abstenus d’en parler.
Gentlemen.
